Interview de Cédric Carrasso

Nous sommes allés à la rencontre de Cédric Carrasso, gardien de but de l’équipe de Bordeaux, qui a dernièrement rejoint la Team MyPok.fr. Présente aussi ce jour la, Frédérique Ruggieri présidente du groupe détenteur MyPok.

Quentin : Depuis combien de temps joues-tu au poker ?
Cédric Carrasso : Ca fait 8 ans que je joue au poker et que j’observe. Mais cela fait vraiment un an que je m’y mets plus intensément, je commence à plus m’y intéresser. Je lis beaucoup de livres, je regarde beaucoup de parties, de reportages de joueurs. J’aime surtout lire et regarder des faits de jeux. Souvent il y a des rubriques dans des livres où on parle d’une action précise et c’est ce que je préfère. Je suis là pour apprendre. C’est un jeu qui me passionne, dans lequel je me débrouille très bien, mais j’ai cette envie d’apprendre constante.
Frédérique Ruggieri : C’est même plus un sport qu’un jeu, c’est un sport cérébral.
C : C’est quelque chose qui me permet de sortir de mon métier mais qui reste dans le même esprit.

Justement, quelles similitudes retrouves-tu dans le football et dans le poker ?
C : C’est plutôt dans mon métier de gardien de but qu’il y a des similitudes. J’ai essayé de comprendre pourquoi beaucoup de gardiens de but jouaient au poker. Nous nous ressemblons tous plus ou moins dans l’esprit et j’ai trouvé beaucoup de similitudes entre les deux.
Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les tournois, c’est vraiment ce qui me plaît dans le poker. Et dans les filets comme dans les MTT, il y a de l’action mais sur un temps donné et pas en continu. Tu peux ne rien avoir à faire pendant une heure, mais il faut être prêt au bon moment sur une période courte. Tu peux ne pas jouer pendant 45 minutes et par contre un moment donné jouer un coup, deux coups suivant la dynamique du jeu. Il faut être concentré à un moment T et ça, ça ressemble vraiment à mon métier. Ce n’est pas comme une partie de cash game, qui ressemble plus à un poste d’attaquant, où tu cours tout le temps et où t’es toujours en train de rentrer dans l’action.

Quelles sont les qualités développées en tant que gardien qui te servent au poker ?
C : La patience et surtout de pouvoir changer de comportement sur le moment.

L’esprit de compétition développé dans le foot, tu le retrouves dans le poker ?
C : Oui je le retrouve dans le poker. C’est quelque chose qui se ressemble énormément parce-que ça reste une compétition avec beaucoup de joueurs et il y a des moments à gérer : le début du tournoi, le milieu, l’approche de la bulle, atterrir à la table finale et ensuite gagner. Ca ressemble vraiment à un match de foot où tu as des périodes. Donc pour moi, il y a vraiment cette ressemblance entre les deux qui me plaît mais c’est surtout cet esprit de jeu et de compétition qui me séduit le plus.

Comment es-tu venu à jouer au poker ?
C : Je suis originaire du sud de la France, où les jeux de cartes ont beaucoup de succès. De plus, avec le football je suis régulièrement en déplacement. Donc pour meubler nous jouons aux cartes, mais au début ce n’était pas forcément au poker.
J’ai vraiment découvert le poker grâce à un membre de ma famille qui jouait régulièrement. Au début j’ai observé, j’ai regardé comment ça se passait et j’ai de plus en plus apprécié la variante du Texas Hold’Em. En plus, j’ai toujours été passionné par les chiffres, donc ça me plait de calculer les pourcentages.

Joues-tu d’autres variantes que le Texas Hold’Em No Limit ?
C : Oui, je m’intéresse également au Pot Limit Omaha. D’ailleurs MyPok.fr devrait proposer un tournoi avec cette variante très prochainement. Je pense vraiment que l’Omaha peut évoluer, notamment en le démocratisant avec des tournois Mixed PLO/NLHE.

On t’a vu il y a quelques mois sur les Kill The Champions de Winamax…
C : Oui effectivement. Jusqu’à maintenant je jouais par intermittence au poker, jusqu’à ce que je reçoive une proposition pour leurs tournois avec des sportifs. On était une vingtaine et je me suis fait une expérience de 3 tournois pour le fun.
Cette opération m’a donné envie de jouer des MTT sur un mois complet pour voir ce que je valais. Ca s’est plutôt bien passé car j’ai remporté des plus gros tournois de la semaine et j’ai fait plusieurs tables finales avec beaucoup de 2ème et 3ème places. En termes de gain, je n’aime pas trop parler de ça, mais sur un mois j’ai réussi à gagner plus de 11 000 euros.
Et après cette période là, Frédérique Ruggieri m’a contacté pour représenter MyPok.fr .

Et alors, qu’est-ce qui t’a séduit chez MyPok ?
C : J’ai le même esprit que la maison. Nous sommes une petite structure, je suis un joueur qui débute et je ne demande qu’à apprendre dans le poker. Nous sommes surtout passionnés. On est le petit qui veut grandir, mais avec beaucoup de modestie parce que nous ne sommes pas là pour se la raconter. Nous essayons de faire quelque chose de cohérent. Nous commençons à développer des tournois et ce qu’on aimerait vraiment, c’est amener une communauté de passionnés de poker, mais avec une stratégie simple.
Moi ça ne m’intéresse pas de jouer pour jouer, si c’est pour faire 6 tournois dans la soirée pour mettre 1500 euros de buy-in, je ne trouve pas ça raisonnable. Et avec MyPok nous essayons d’avoir un poker raisonnable, proposer des buy-in pas trop chers avec des garanties intéressantes pour rassembler beaucoup de monde.
F : Et ce qui est sympa, c’est quand nous organisons l’Open de Gujan, nous nous rejoignons à la fois sur le net, à la fois en dur dans une ambiance super sympathique où les joueurs s’échangent les pseudos.
Même Joey Starr a envie d’y participer. Après le virtuel, les joueurs veulent du dur. Ils apprennent sur Internet, mais ont envie de jouer en live, découvrir une nouvelle ambiance. De plus nous sommes déjà des pros avec une grande notorité à Gujan, nous avons fait nos preuves et nous abordons le net comme nous abordons le dur. C’est pour ça que nous sommes complètement différents de Winamax et d’autres, parce qu’eux ont un raisonnement économique basé principalement sur le net. Et donc pour nous ce n’est pas du tout la même manière pour aborder les joueurs, nous nous connaissons les joueurs. Eux aussi, mais leurs joueurs internet, ce qui n’est pas complètement la même chose. Et nous jouons qu’avec des français, donc je pense que nous avons saisi leur mentalité et nous essayons de leur proposer le meilleur. C’est pour ça que nous proposons notre tournoi à 20 000 euros garantis. Aujourd’hui notre offre est meilleure que celle de Winamax. Mais nous savons ce que nous faisons, notamment parce que nous avons l’expérience du dur derrière.
C : Bien sûr tu ne peux pas te déplacer tout le temps dans un casino, donc d’avoir la plateforme virtuelle pour participer à des satellites afin d’accéder à des grands tournois en dur organisés par la même maison, je trouve le concept génial.
Après bien sûr, sur d’autres sites tu peux t’inscrire pour participer à des tournois en Europe, mais c’est moins intimiste.
F : Nous proposons également beaucoup de freerolls et nous essayons d’être actifs en proposant fréquemment des tournois : celui du lundi, bientôt un autre le jeudi et de nouveaux en prévision.
Nous fonctionnons vraiment comme à Gujan, où on peut retrouver jusqu’à 3 tournois par jour. En général, les joueurs sont servis et ne viennent pas pour rien.
C : En plus, notre premier gros tournoi à Gujan, organisé grâce à MyPok.fr , a remporté un grand succès. C’était un 100 000 euros garantis pour un buy-in de 1 000 € qui a réuni 100 joueurs.
F : Et le même jour à Wagram, pour le même genre de tournoi ils ont réuni 98 joueurs. Les gens se sont demandés où était Gujan, car ils ont eu envie de venir.

Sur MyPok, sous quel pseudo peut-on te retrouver ?
C : En général je prends toujours le même, c’est « cjlj ».

Vas-tu être impliqué dans des opérations marketing de MyPok comme on a pu le voir avec Joey Starr ?
F : Oui bien sûr, normalement en septembre. Mais nous ne pouvons pas trop en dire pour le moment car rien n’est encore fixé.
C : Et plus que du marketing pur j’essaye d’avoir une proximité, que je ne peux pas avoir dans ma vie de footballeur, avec les joueurs de poker. Dans le chat, j’aime beaucoup discuter avec les joueurs. Je trouve ça super de pouvoir échanger avec les gens, parce que comme je l’ai déjà dit, je ne demande qu’à apprendre. Je me suis fait des amis sur les sites de poker.

Grâce à ce contrat, va-t-on te voir sur le circuit international ? (EPT, WPT…)
C : J’espère pouvoir faire un tournoi ou deux dans l’année, cela dépendra de mon emploi du temps. Je vais quand même essayer de faire un événement pendant mes vacances pour pouvoir ressentir les sensations du live. Mais tout cela m’impressionne, car j’aborde ça avec beaucoup de modestie.

Quel livre conseillerais-tu aux membres de Poker Actu ?
C : J’aime beaucoup les livres de Dan Harrington.

Après le football, penses-tu te consacrer à plein temps au poker ?
C : J’ai deux passions en dehors du football, c’est les sports automobiles et le poker. Et j’aimerai pouvoir jongler entre les deux après ma carrière de footballeur.
Mon rêve serait de faire une saison des WPT entière pour essayer de faire à grande échelle, ce que j’ai pour le moment réalisé à petite échelle.

Question football : Bordeaux est coincé dans le ventre mou du classement, quel est ton regard sur ton équipe cette année ?
C : Pour nous c’est une année de transition, il y a eu des changements importants au niveau des joueurs et des entraîneurs. Nous sommes en train de nous reconstruire. J’espère et je pense que d’ici deux saisons nous serons opérationnels pour à nouveau disputer les grosses places du championnat et pourquoi pas, refaire des campagnes intéressantes comme nous l’avons fait l’année dernière.